Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 11:45

600 milliards de dollars, c’est le montant que la FED a injecté dans l’économie mondiale et le retour sur investissement pourrait bien s’avérer payant…surtout si l’Europe honore l’addition.

 

En  procédant ainsi, la FED espère relancer l'économie américaine. Plus une monnaie est présente sur le marché en grande quantité, plus sa valeur baisse. Cette baisse du dollar a pour premier effet mécanique d’augmenter la marge des importateurs de produits américains et de diminuer leur dette en dollar.  La première tendance attendue est la relance d'importations provenant des États-Unis.

 

L’Europe commande alors les produits américains et diminue ses réserves en dollars. Les États-Unis  voient augmenter la demande de produits et leurs entreprises commandent plus de matières premières.

 

En les payant moins chères ?

 

Il faut rappeler qu’augmentation des exportations ne signifie pas toujours augmentation de PIB. Tous les produits américains ne sont pas fabriqués à 100% sur le territoire. Ainsi, les exportations du  secteur de l’électroménager, utilisant abondamment les usines implantées en Chine, ont  au contraire augmenté le déficit américain (Rapport de l’Asian Développent Bank Institute du 15 décembre 2010). 

 

En fin de compte, la dépréciation du dollar augmente les échanges économiques.

 

Mais pas forcément pour Europe. Comme l’Euro est cher, les États-Unis achètent les matières brutes ou finies en Chine qui a vu sa monnaie se déprécier. Néanmoins, vu l'instabilité du Yuan, cet effet est à court terme. A long terme, l’Europe bénéficie d'une monnaie stable grâce à la Banque Centrale Européenne, ce qui lui permet de mener à bien les gros projets dans lesquels les Américains sont impliqués. 

 

En effet, la relance mécanique de l’économie américaine à court terme est très grandement facilitée par un dollar plus faible. La compétitivité de Boeing face à EADS et celle de Lockheed Martin face à Dassault s’améliorent. De fait, en bénéficiant d’un coup de pouce de la FED, les Etats-Unis se mettent en pôle position pour conquérir des parts de marché. L’Inde, qui avait lancé un gigantesque appel d’offres pour moderniser son armée en mettant en concurrence les plus grands acteurs de l’armement devrait logiquement sélectionner les Etats- Unis pour les plus gros contrats et ne laisser aux français et aux russes que des contrats annexes. Novembre a été le départ de la course aux contrats des présidents : elle a été initiée par Barak Obama, suivi de Nicolas Sarkozy en décembre, puis par Hu Jintao et Dimitri Medvedev. Dans cette guerre économique, chaque déplacement représente une responsabilité et des milliers d’emplois sur des décennies. La chronologie des faits ne laisse aucun doute sur la puissante organisation américaine capable d’une synchronisation politique, financière  et technologique, qui  bénéficie de décennies d’expertise.

 

Dans ce pari, la stratégie économique de la Chine est d'une nature différente. Notamment, elle émet énormément de brevets de faible qualité mais dont le nombre exerce une pression sur les investisseurs (Un sous- traitant avec 1000 brevets vaut mieux qu’un autre avec 2). La Chine cherche aussi à avoir le monopole de l'industrie photovoltaïque afin de rompre avec sa réputation de pays pollueur, mais aussi de profiter de l’engouement pour le Développement Durable qui s’est emparé de l’Occident. 

 

On voit alors plus clairement la compétition à laquelle se livrent  Chine et États-Unis pour conquérir des parts de marché. L’Europe saura-t-elle rapidement se doter d'une politique unique dans ce jeu passionnant des stratégies commerciales ?

 

Par Marta
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 13:23

Le coup d’envoi vient d’être sifflé…Depuis le 7 janvier et ce jusqu’au 29, le Qatar accueille la coupe d'Asie.Cette compétition de football regroupe les 16 meilleures nations asiatiques du ballon rond.

Le Qatar, qui a bien mal débuté la compétition par une défaite contre l’Ouzbékistan, sait que sa priorité n’est pas le résultat sportif. La réalité est toute autre. Si le pays hôte joue là une phase de qualification pour l’organisation d’évènements sportifs, il va atteindre la finale : la réception de la coupe du monde 2022.

En effet, d’ici là, il va passer plusieurs tours et se donner les moyens de réussir en devenant une scène internationale sportive.

 

Dans le football, les qataris sont partout !!

 

Ils font des pieds et des mains pour ramener des stars en fin de carrière dans leur championnat. A cela s’ajoute aujourd’hui une politique de formation en achetant de jeunes africains qui pourront intégrer l’équipe nationale.

 

En dehors de leurs frontières, ils investissent à tout va. La Qatar Foundation a fait un coup d’éclat en devenant le premier sponsor officiel de la meilleure équipe du monde!! Voyez un peu. Ils ont signé le plus gros contrat de l'histoire.  En effet, ils verseront 33 millions d’euros par an au FC Barcelone sur les 5 prochaines saisons.

 

Le petit Etat du Moyen Orient rachète également des clubs. Ainsi, Malaga, équipe de première division espagnole, dispose aujourd’hui d’une manne financière importante apportée par le cheikh Abdullah Bin Nassar Al-Thani, membre de la famille royale qatarie. Cet argent a permis d’attirer, entre autres, l’international argentin du Bayern Munich Martin Demichelis, l’international brésilien Julio Baptista et l’ancien entraîneur du Real Madrid Manuel Pellegrini. Le potentiel croissant de Malaga lui permettra sans doute d’intégrer le top 7 espagnol.

 

Les qataris envisagent aussi de racheter le PSG (40 millions d’euros) et même Manchester United, l'un des cinq plus grands clubs, pour 1,75 milliards d'euros.

 

Le Qatar a franchi un cap en décembre dernier en obtenant l'organisation de la coupe du monde 2022 grâce à un projet extravagant estimé à 100 milliards de dollars et à des ambassadeurs de renom payés à prix d'or tel que Zinedine Zidane. Pour cet évènement, comme leur slogan le dit « Expect amazing ».

 

Le foot, pas seulement…

 

Mais le ballon rond n’est pas le seul qui subjugue au Qatar. L’émirat investit dans beaucoup de sport à fortes retombées médiatiques pour diversifier son économie. Début janvier, la capitale a accueilli, comme depuis plusieurs années, Roger Federer et Rafael Nadal lors du tournoi de Doha. Une présentation médiatique en grandes pompes avait d’ailleurs été faite à ce sujet. En ouverture de la compétition, les deux meilleurs joueurs mondiaux quelques échanges sur terrain... en pleine mer!!

 

Le Qatar s’impose aussi à toute vitesse dans les sports auto et moto. Doha est inscrit au calendrier moto GP et met tout en œuvre pour que Sebastian Vettel et Fernando Alonso, pilotes de F1, puissent un jour concourir sur le circuit international de Losail. De plus, un sponsor qatari pourrait sauver l’écurie Williams en lui permettant de garder ses 2 pilotes grâce à l’argent investit…

 

En Février prochain, les cyclistes Tom Boonen et Sandy Casar parmi d’autres participeront au Tour du Qatar.

 

L’organisation de ces nombreux évènements reflète bien leur stratégie.

 

Le sport n’est pas qu’une passion, il est un formidable tremplin médiatique. Le Qatar a aujourd’hui acquis de solides ressources financières grâce à ses réserves pharaoniques de pétrole et de gaz…qui finiront par s’épuiser dans un futur relativement proche, estimé à une trentaine d’années. Le Qatar veut donc profiter aujourd’hui de ses pétro-rials pour diversifier ses sources de revenus, afin de ne pas être « pétro-dépendant ». Grâce à son fonds souverain, le QIA (Qatar Investment Authority), la famille royale investit tous azimuts dans les banques et le quartier d’affaires de Londres, le BTP, l’automobile (Volkswagen), ... et donc dans le sport. En clair : dans des placements à forte valeur ajoutée, dans des compagnies ou des marques réputées, de préférence susceptibles de créer un jour des emplois dans l’émirat, voire de conduire à des échanges de savoir-faire ou de transferts de technologie.

 

On voit par là que football, tennis et F1 sont utilisés par ce pays d’1,4 millions d'habitants comme support d’influence. Grâce à ses différentes actions, le Qatar va bientôt pouvoir se revendiquer comme une terre de sports. Il va profiter de cela pour s’exposer aux yeux du monde, obtenir des retombées économiques, disposer d’installations derniers cris, acquérir une place sur l’échiquier géopolitique mondial et développer le tourisme.

Doha inaugurera d’ailleurs fin 2011 son nouvel aéroport qui pourra accueillir 50 millions de voyageurs d’ici 2020!!  

 

Le Qatar, qui a compris que la réputation d’un Etat influe sur celle de son Fonds Souverain, veut donc à travers le sport développer son image de pays sain, dynamique, éthique et ambitieux afin de rejoindre la Norvège, Singapour ou Hong Kong, dont les Fonds Souverains jouissent d’une excellente réputation, de par leur transparence notamment. Mais, en influence comme en football, le résultat n’est acquis qu’au coup de sifflet final…

Par Hugues
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:00

« La plus grande imposture du Diable a été celle de faire croire qu'il n'existait pas ».

Cette formule de Roger 'Verbal' Kint pourrait s’appliquer à l’Intelligence Economique, dont l’existence ou l’utilité en entreprise est parfois contestée. Pourtant, elle se révèle parfois où on ne l’attend pas, y compris au sein de  nos loisirs. Sorti en France aujourd'hui, le 17 novembre 2010, le film « The Joneses » en constitue l’exemple le plus récent. A peine installée, la sympathique famille Jones et sa maison aux équipements dernier cri suscitent l’engouement du voisinage, au point de devenir LA référence. Mais la façade se lézarde : cette famille idéale se compose, en fait, d’employés d’une société de marketing, dont l’installation dans cette banlieue chic n’a d’autre but que la promotion des objets présentés dans leur maison. Ce film, sous couvert de divertissement, dévoile le vrai visage du marketing : celui d’une technique de communication d’influence, un des champs de compétence de l’Intelligence Economique.  


 Une influence qui vient de loin

 Le titre de ce film tire son origine de l'expression américaine « keeping up with the Joneses » qui signifie faire des efforts pour rivaliser ses voisins en terme de richesse et de connaissances. Cette expression est apparue en 1913, par le dessinateur Arthur R. MOMAND, pour le titre d'une série dans le journal New York Globe. Il s’est inspiré du mode de vie quotidien dans son quartier. Cette bande dessinée raconte l'histoire d'une famille (les MCGINIS) envieuse de ses voisins (les JONES). Cette bande dessinée est devenue populaire avec le rêve américain et a été adaptée dans des livres, des comédies musicales, des dessins animés et ... des films ou séries TV (« Keeping Up with the Joneses »[1]). Depuis, «the Joneses» est devenu un nom générique pour désigner « les voisins ».

En remontant encore le temps, on retrouve le livre «Letters to the Joneses  » écrit en 1863 par Timothy TITCOMB. Il répond là à ses nombreux lecteurs, les habitants de Jonesville, pour présenter ses conseils en termes de mode de vie et de traits de caractère.


 De Tupperware aux réseaux sociaux

Plus généralement, la « famille Jones » joue sur deux techniques d’influence, le benchmark et le « street marketing ».

 

Le benchmark est généralement connu comme technique ponctuelle d’observation, à partir de sources ouvertes, et d’analyse comparative des pratiques d’une entreprise. Elle permet aux entreprises de comparer leurs pratiques managériales, marketing ou commerciales, mais aussi de cerner les failles d'un concurrent, notamment en déclenchant des incidents pour observer ses réactions. L’originalité du film est de présenter le benchmark comme technique d’influence, en invitant les consommateurs à évaluer leur niveau d’équipement par rapport à celui de consommateurs-référent, ou présentés comme tels.

 

Quant au « street marketing », il s’agit d’une technique de promotion d’un produit ou d’une marque dans un lieu public en vue de sensibiliser une cible généralement urbaine. Le but est d’attirer l’attention d’un consommateur saturé de messages publicitaires, en lui proposant une relation de proximité avec la marque. Proximité assurée par la « famille Jones » grâce à l’organisation d’événements au sein même de leur domicile, transformé pour la circonstance en « lieu public », et de la fraternisation avec les voisins. Voilà qui rappelle les réunions Tupperware… Comme le souligne Cédric DENIAUD dans son billet « Le pouvoir de l’influence : mes amis avant des inconnus », l’influence passe par la relation et la proximité. Une notion parfaitement appréhendée par les marques qui utilisent les réseaux sociaux, lieux publics par excellence, comme vecteur d’influence pour s’y constituer des communautés d’ambassadeurs de la marque qui relaieront leur message.

 

Dans ce film, les personnages principaux, les « Jones », révèlent leurs atouts, mais aussi leur vulnérabilité. Chaque membre de la famille maîtrise son domaine, car chacun sait acquérir et exploiter les bonnes informations/réseaux avant les autres. Ils connaissent bien leurs cibles grâce à la proximité entretenue, en inspirant une mode/norme de société. Cependant, l’incapacité à gérer les conflits internes fera éclater le groupe. En outre, le manque de transparence envers les consommateurs se révélera être le talon d’Achille de leur campagne de promotion.

 

Ce film illustre, de manière flagrante, que l’influence, champ de compétence de l’Intelligence Economique n’est pas une vue de l’esprit. L’Intelligence Economique est donc bien présente dans l’environnement économique au sein duquel les acteurs économiques (consommateurs, concurrents…) entretiennent des relations avec l’entreprise. Elle y avance toutefois sous des déguisements et des masques divers. Comme le Diable…

 


Liens internet :

http://www.jonesnyhistory.com/phrase.html

http://quotes.dictionary.com

http://en.wikipedia.org/wiki/Keeping_up_with_the_Joneses

http://www.stern.nyu.edu/eco/seminars/Ravina.pdf

http://idioms.yourdictionary.com/keep-up

http://dictionary.reference.com/browse/keeping+up+with+the+Joneses

 

Lien vers un dessin animé pédagogique sur le phénomène « keeping up with the Joneses » :

http://www.youtube.com/watch?v=vGiSaSHBAe

http://ten.com.au/Joneses-18092.htm

http://books.google.fr/books?pg=PA13&dq=%22letters+to+the+joneses%22&id=oA8-AAAAIAAJ#v=onepage&q&f=false

Par Dominique Sébrié et Patrick Cuenot - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 12:45

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici l’équipe qui vous accompagnera tout au long de l’année :

 

Rédacteurs :

-       Charlotte Martinet-Koenig, relations internationales

-       Jean-Tristan Grilly, histoire économique et relations internationales

-       Marta Gotfryd, économie internationale

-       Mickael Kepler, ingénieur informatique

-       Othman Fadil, finances

-       Pierre Talbi & Sébastien Jolie, études internationales                                  

 

Documentalistes :

-       Dominique Sebrie , ingénieur agronome

-       Ornella Ramarohetra, information et communication

 

De plus, un Podcast verra le jour à partir de décembre, sous l’impulsion de :

-       Floriane Sarzeaund, ingénieur informatique

-       Hugues Milon, ingénieur chimiste

-       Romain Briant, histoire contemporaine

-       Sanja Sanjic, monnaie finances

-       Yann Kermarec, ingénieur d’affaires

 

Issus d’horizons divers, nous avons intégré la promotion 2010/2011 du Mastère Spécialisé Intelligence Economique et Analyse Stratégique de l’EISTI (Cergy, 95).

 

Pour élargir la portée de notre blog, nous traduirons certains articles en anglais.

 

Enfin, pour compléter le staff, Patrick Cuenot, chargé de veille, sera le conseiller éditorial.

 

 

Par dimensions.eisti.over-blog.com - Publié dans : Divers
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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 18:58

Nom : dimensions.

Promotion : MS  intelligence économique et analyse stratégique, EISTI.

Tout le monde sait qu’il n’est jamais facile de se présenter devant un auditoire, quel qu’il soit. On a tous le souvenir d’une rentrée scolaire, d’une présentation ratée devant une classe prête à éclater de rire au moindre bégaiement et nous souhaitant le pire…« Monsieur Untel, veuillez aller au tableau »….Souvenirs souvenirs...alors arrêtons le massacre !

Trêve de plaisanteries…

DImEnsions,

L’interaction de 14 étudiants qui, par la mutualisation de leurs savoirs et leurs  expériences  respectives, essaieront de contribuer à mettre en exergue l’étendue de l’intelligence économique… 

Une équipe pluridisciplinaire dont l’ambition est de contribuer modestement, et à  sa manière, à enrichir la toile, sur des sujets divers et variés, en rapport direct ou indirect avec l’IE.

Un nouveau blog d’IE, pour dire quoi ?

Pour suivre l’évolution de nos réflexions et partager notre vision sur des sujets qui nous tiennent à cœur.

 

L’objectif : interactivité et enrichissement réciproque.

 

Captiver un auditoire n’est jamais chose aisée….souvenirs souvenirs… de classe devant le tableau….

Afin que ce blog puisse être l’occasion d’échanges fructueux, nous comptons sur votre participation.

Par dimensions.eisti.over-blog.com - Publié dans : Divers
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